Vous avez commencé Wegovy® ou Mounjaro® il y a quelques semaines, et la balance ne bouge pas. Ou à peine. Avant de conclure que le traitement « ne marche pas sur vous », il y a six explications bien plus fréquentes qu’une vraie absence de réponse, et presque toutes se vérifient avec un simple journal. Les voici, dans l’ordre où il faut les regarder, avec ce que disent les notices officielles et les essais.

⚕️ Cet article résume les RCP et les notices officielles (EMA), les essais publiés et les recommandations françaises, à titre informatif. Il ne remplace ni la notice de votre médicament ni l’avis de votre médecin ou de votre pharmacien.

C’est trop tôt : vous êtes encore en phase de montée

Les chiffres que tout le monde cite (« 15 % », « 20 % ») sont des résultats à 68 semaines pour Wegovy® (STEP 1) et 72 semaines pour Mounjaro® (SURMOUNT-1), à la dose d’entretien. Or les premières semaines ne se passent pas à cette dose.

  • Wegovy® : le résumé des caractéristiques du produit (RCP) prévoit une augmentation progressive sur 16 semaines (0,25 mg, puis 0,5, 1 et 1,7 mg, 4 semaines chacune) avant d’atteindre la dose d’entretien de 2,4 mg. Le but des premiers paliers est de réduire les effets digestifs, pas de faire maigrir au maximum.
  • Mounjaro® : la dose initiale est de 2,5 mg pendant 4 semaines ; les doses d’entretien recommandées sont 5, 10 et 15 mg. À 2,5 mg, vous n’êtes pas encore à une dose d’entretien.

Si vous en êtes au deuxième mois, votre corps n’a pas encore vu la dose qui a produit les résultats des essais. Ce délai fait partie du schéma prévu par la notice.

Des doses sautées ou décalées

Ces médicaments s’injectent une fois par semaine parce qu’ils s’éliminent lentement : la demi-vie est d’environ une semaine pour le sémaglutide et d’environ 5 jours pour le tirzépatide (détail dans notre article sur la demi-vie de Wegovy et Mounjaro). Une dose sautée, c’est un niveau qui redescend pendant plusieurs jours avant de remonter. Deux doses sautées d’affilée, et le mois est en partie perdu.

Les règles officielles sont précises : une dose oubliée se rattrape dans les 5 jours pour Wegovy®, dans les 4 jours pour Mounjaro® ; au-delà, on la saute et on reprend au jour prévu, jamais de double dose. Le RCP de Wegovy® ajoute que « si plusieurs doses sont oubliées, il convient d’envisager une réduction de la dose de départ pour une réinstauration du traitement ». Notre article sur l’oubli d’injection détaille chaque cas.

C’est le cas le plus simple à vérifier dans un journal. Sur la courbe de niveau estimé de Doza, une semaine sautée se voit immédiatement : le creux, puis la remontée. Si votre poids stagne et que votre courbe montre des creux plus profonds et plus longs que d’habitude, la cause est probablement là.

La carte Niveau estimé de Doza sur iPhone : la courbe redescend nettement après une semaine sans injection, puis remonte à la prise suivante

Moins faim ne veut pas dire mieux nourri : ce que dit l’indication

C’est le point que les notices posent en premier. L’indication de Wegovy® comme de Mounjaro® est rédigée, mot pour mot, ainsi : le médicament est indiqué « en complément d’un régime hypocalorique et d’une augmentation de l’activité physique ». C’est la condition même de l’indication. Dans STEP 1, tous les participants, y compris ceux sous placebo, suivaient un accompagnement sur l’alimentation et l’activité ; le groupe placebo a perdu 2,4 % avec cet accompagnement seul.

Le médicament coupe la faim ; il ne choisit pas ce qu’il y a dans l’assiette. Deux situations reviennent souvent :

  • Manger trop peu, puis compenser. Sauter des repas parce que « je n’ai pas faim » peut conduire à des grignotages le soir, à la fatigue et, sur la durée, à une perte de masse musculaire. Le corps a besoin de repas réguliers, même petits : le RCP indique le médicament en complément d’un régime hypocalorique, pas d’un jeûne.
  • Les calories qui ne rassasient pas. Boissons sucrées, alcool, jus, cafés gourmands, sauces : la satiété ne les freine pas et ils s’additionnent sans qu’on les voie, pendant que le contenu de l’assiette dérive. Moins de volume ne veut pas dire mieux composé.

Le plus sûr, et c’est aussi ce que prévoit le parcours français : faire ce rééquilibrage avec un professionnel, diététicien ou médecin nutritionniste, plutôt que seul avec une application de calories. En France, le remboursement suppose d’ailleurs une prise en charge nutritionnelle bien conduite, préalable au traitement (voir notre guide du remboursement). Doza ne compte pas les calories, et c’est voulu : le journal note vos doses, votre poids et vos effets ; le contenu de l’assiette se travaille avec quelqu’un qui vous connaît.

La balance ment à court terme

D’une pesée à l’autre, une nuit courte, un repas salé, le transit ou le cycle menstruel suffisent à déplacer le chiffre sans qu’un gramme de graisse ait changé. Se peser tous les matins et conclure à l’échec le mardi parce que le lundi était plus bas, c’est la manière la plus sûre de se décourager pour rien.

  • Pesez-vous une fois par semaine, même jour, même heure, mêmes conditions.
  • Jugez sur une tendance de plusieurs semaines, pas sur une pesée.
  • Fixez-vous un objectif réaliste : dans les essais, la moyenne est de 15 à 21 % du poids initial après plus d’un an, pas en trois mois.

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Les non-répondeurs existent, et les essais les comptent

Il faut le dire sans détour : une minorité des participants aux essais a perdu moins de 5 % malgré l’accompagnement. Dans STEP 1, 86,4 % des participants sous sémaglutide ont perdu au moins 5 % de leur poids ; autrement dit, environ un sur sept n’avait pas atteint ce seuil à 68 semaines. Dans SURMOUNT-1, la proportion sous 5 % va de 9 à 15 % selon la dose de tirzépatide.

C’est pour cela qu’il existe un point d’étape. En France, la Haute Autorité de santé recommande une évaluation autour de 6 mois : sous 5 % de perte, la question de l’arrêt ou de l’adaptation du traitement doit être posée par le médecin. C’est une décision médicale, ni une faute ni un arrêt automatique, à prendre avec vos chiffres sous les yeux. Le seuil des 5 % est détaillé dans notre guide du remboursement ; si vous stagnez après l’avoir franchi, voir notre article sur le plateau.

Une autre cause, à voir avec le médecin

Si les cinq premiers points sont écartés, il reste des causes médicales que seul votre médecin peut explorer : des médicaments qui favorisent la prise de poids (certains antidépresseurs, antipsychotiques ou corticoïdes), une thyroïde qui fonctionne au ralenti, un sommeil dégradé ou une apnée du sommeil non traitée, une ménopause, un syndrome des ovaires polykystiques. Aucune ne se diagnostique seul : apportez votre journal, vos pesées et la liste de vos traitements.

Ce qu’il ne faut pas faire

  • Augmenter la dose vous-même ou raccourcir l’intervalle. Les paliers sont prescrits ; la montée se décide avec le médecin, en tenant compte de la tolérance.
  • Doubler une dose après un oubli. Jamais.
  • Arrêter en silence parce que « ça ne marche pas ». Parlez-en : un ajustement de dose, un accompagnement nutritionnel ou un bilan peuvent changer la donne.

FAQ — pas de perte de poids sous GLP-1

Au bout de combien de temps doit-on voir un effet ?

Les résultats des essais sont mesurés après plus d’un an de traitement, montée en dose comprise ; la dose d’entretien n’est atteinte qu’après 16 semaines pour Wegovy® et au moins 4 semaines pour Mounjaro®. Un poids stable pendant les premières semaines de montée en dose n’a rien d’anormal.

Est-ce que le médicament peut ne pas marcher sur moi ?

Oui, c’est possible, mais minoritaire : dans STEP 1, 13,6 % des participants sous sémaglutide ont perdu moins de 5 % de leur poids ; dans SURMOUNT-1, 9 à 15 % selon la dose. Cela se constate à l’évaluation des 6 mois, avec le médecin.

Faut-il manger même sans faim ?

Oui : le médicament est indiqué en complément d’un régime hypocalorique, pas d’un jeûne. Sauter les repas peut conduire aux grignotages, à la fatigue et à la perte de muscle. Un diététicien ou un médecin nutritionniste peut construire des repas adaptés.

Une injection oubliée peut-elle expliquer une semaine sans perte ?

Oui. La demi-vie est longue (environ une semaine pour le sémaglutide, 5 jours pour le tirzépatide) : une dose sautée fait redescendre le niveau pendant plusieurs jours. Rattrapez-la dans les 5 jours (Wegovy®) ou 4 jours (Mounjaro®) selon la notice, jamais en double dose.

Doza me dira-t-il pourquoi je ne perds pas ?

Non, et il ne le prétend pas. Doza tient le journal de vos doses, de votre poids et de vos effets, et montre votre niveau estimé et votre tendance. C’est à vous et à votre médecin d’en tirer les conclusions.

Sources : RCP et notice Wegovy et RCP et notice Mounjaro (EMA, consultés le 19 septembre 2026) · STEP 1, N Engl J Med 2021 · SURMOUNT-1, N Engl J Med 2022 · ameli.fr, traitement médicamenteux de l’obésité · arrêtés du 10 juin 2026, Journal officiel du 12 juin 2026. Dernière mise à jour : 19 septembre 2026. Publié par Doza, application française de suivi GLP-1. Cet article est une information générale, pas un avis médical : les décisions de dose et de poursuite du traitement appartiennent à votre médecin.