Les effets secondaires de Wegovy® et Mounjaro® sont surtout digestifs, concentrés sur les périodes d’augmentation de dose, et « principalement d’intensité légère à modérée » selon le RCP de Mounjaro ; celui de Wegovy dit la même chose en substance. Environ 44 % des patients sous sémaglutide et 25 à 33 % sous tirzépatide (selon la dose) connaissent des nausées au cours du traitement (chiffres issus d’essais distincts, non comparables entre eux). Mais un épisode de nausées dure en médiane 8 jours, et la grande majorité des patients poursuivent leur traitement. Voici ce que disent précisément les documents officiels et les essais, semaine par semaine.
⚕️ Cet article résume les RCP et les notices officielles (EMA) et les essais publiés, à titre informatif. Il ne remplace ni la notice de votre médicament ni l’avis de votre médecin ou de votre pharmacien.
L’essentiel en 30 secondes
- Quoi ? Nausées, diarrhée, constipation, vomissements, douleurs abdominales : « très fréquents » dans les deux RCP ; céphalées et fatigue s’y ajoutent côté Wegovy
- Quand ? Surtout pendant la montée des doses ; le pic se situe vers la 20ᵉ semaine (données sémaglutide, essais STEP), puis la fréquence diminue nettement
- Combien de temps ? Un épisode de nausées dure en médiane 8 jours, un épisode de diarrhée 3 jours ; la constipation est plus tenace (47 jours en médiane)
- Ça s’arrête ? « Ces effets […] disparaissent généralement avec le temps » (notice Wegovy) ; 2 à 4 % des patients arrêtent pour cause d’effets digestifs, selon le médicament et la dose
- Réflexes utiles : montée de dose ajustable avec le médecin, hydratation systématique, alimentation neutre les jours sensibles
- Consulter immédiatement si douleur intense et persistante à l’estomac irradiant dans le dos (signe possible de pancréatite), verbatim des notices
Pourquoi les premières semaines concentrent les effets
Les deux traitements commencent volontairement très bas (0,25 mg pour Wegovy, 2,5 mg pour Mounjaro), précisément pour limiter les effets digestifs. Le RCP de Wegovy l’écrit tel quel : « pour réduire la fréquence de symptômes gastro-intestinaux, la dose doit être augmentée sur une période de 16 semaines ». Chaque passage à un palier supérieur rouvre une fenêtre sensible : les analyses des essais STEP montrent que la grande majorité des patients rencontrent leur premier effet digestif pendant la période d’escalade de dose.
À noter : contrairement à une idée répandue, les études ne décrivent pas de « pic » après chaque injection individuelle. À dose stable, les concentrations du médicament sont lissées d’une semaine à l’autre. Ce sont les changements de palier qui comptent.
Semaine par semaine : à quoi s’attendre
Semaines 1 à 4 : le démarrage (0,25 mg / 2,5 mg). Dose d’amorçage volontairement basse. Les premiers effets digestifs peuvent apparaître ; selon la notice de Mounjaro, ils « ne sont généralement pas sévères ».
À chaque montée de palier (toutes les 4 semaines au minimum) : c’est la période statistiquement la plus sensible pour les nausées, vomissements et diarrhées. Le RCP de Mounjaro le dit mot pour mot : leur incidence « était plus élevée pendant la période d’escalade de dose puis diminuait au cours du temps » ; celui de Wegovy note de même des effets « observés essentiellement lors de la période d’augmentation de la dose ». Si un palier passe mal, le RCP de Wegovy prévoit explicitement de retarder l’augmentation ou de revenir à la dose précédente jusqu’à amélioration. Parlez-en à votre médecin, c’est un ajustement standard, pas un échec.
Vers les semaines 16 à 20 : le sommet de la courbe. La titration de Wegovy s’achève à 16 semaines (2,4 mg) ; celle de Mounjaro se poursuit selon la dose cible. L’analyse de l’EMA sur les essais STEP situe le pic vers la semaine 20 : à ce moment-là, environ 38 % des patients sous sémaglutide ont un effet digestif un jour donné.
Après la semaine 20 : la décrue. La fréquence baisse ensuite nettement : à la fin des essais (68 semaines), environ 10 % des patients avaient encore des nausées un jour donné. Et une fois la dose d’entretien tolérée, elle le reste : dans STEP 4, parmi 803 participants stabilisés à 2,4 mg, il n’y a eu que 2 arrêts pour effets digestifs sur tout le reste de l’essai.
Les chiffres officiels, médicament par médicament
Wegovy (RCP, essais STEP 1-4, 68 semaines) : nausées 43,9 % (16,1 % sous placebo) · diarrhée 29,7 % (15,9 %) · vomissements 24,5 % (6,3 %) · constipation 24,2 % (11,1 %) · douleurs abdominales 19,7 % (10,0 %). « La plupart des événements étaient d’intensité légère à modérée et de courte durée. » Arrêts du traitement pour effets digestifs : 4,3 %.
Mounjaro (RCP, essai SURMOUNT-1, 72 semaines) : nausées 24,6 % / 33,3 % / 31,0 % selon la dose (5 / 10 / 15 mg) contre 9,5 % sous placebo · diarrhée 18,7 à 23,0 % · effets digestifs « principalement d’intensité légère (60,8 %) ou modérée (34,6 %) ». Arrêts pour effets digestifs : 1,9 à 4,4 % selon la dose.
S’y ajoutent, fréquents pour les deux : reflux, éructations, ballonnements, sensations vertigineuses, chute de cheveux, réactions au point d’injection.
Gérer le quotidien : ce que disent les sources officielles
- Ajuster la montée : retarder un palier ou redescendre temporairement est prévu par le RCP ; décision à prendre avec votre médecin.
- Boire beaucoup : les deux notices le demandent (verbatim de celle de Wegovy : « il est important d’éviter la déshydratation en buvant beaucoup »), surtout en cas de vomissements ou de diarrhée. Le NHS britannique (hôpitaux de Cambridge) chiffre le repère : 2 à 3 litres d’eau ou de boissons sans sucre par jour.
- Les jours sensibles, le même service hospitalier conseille : aliments neutres et pauvres en graisses (crackers, pain grillé), petites portions fréquentes, manger lentement, s’arrêter à satiété, éviter les fritures et le gras.
- Contre la constipation : fibres, hydratation, et une activité régulière : « même une marche quotidienne » (NHS).
- Si vous prenez un sulfamide ou de l’insuline (diabète) : le risque d’hypoglycémie augmente : les RCP prévoient d’en réduire la dose à l’initiation ; c’est votre médecin qui ajuste.
Quand consulter immédiatement
Les notices officielles listent des signaux qui ne doivent pas attendre :
- Douleur intense et persistante au niveau de l’estomac, pouvant irradier dans le dos : signe possible d’une inflammation du pancréas (pancréatite, peu fréquente) : « vous devez immédiatement consulter votre médecin » ;
- Vomissements ou diarrhées importants qui empêchent de s’hydrater : risque de déshydratation et de retentissement sur les reins ;
- Signes d’allergie sévère (rare) : difficultés respiratoires, gonflement du visage ou de la gorge, battements de cœur rapides → aide médicale en urgence ;
- Wegovy spécifiquement : perte de vision soudaine et indolore d’un œil (très rare) → médecin immédiatement ; constipation sévère avec douleurs, ballonnements et vomissements.
Et pour tout effet gênant ou inhabituel, le conseil d’ameli et du NHS : en parler à son médecin ou à son pharmacien.
Noter ses effets, jour par jour
Un détail qui change les consultations : savoir dire quand les nausées surviennent par rapport à vos injections et à vos changements de dose. C’est exactement ce que permet la fonction Effets de l’app Doza : deux gestes après une injection pour noter ce que vous ressentez (avec l’intensité, en option), et le journal replace chaque effet à J+1, J+2… de votre injection.

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Pour la comparaison directe entre les deux médicaments (étude SURMOUNT-5), voir notre comparatif Wegovy ou Mounjaro.
FAQ — effets secondaires de Wegovy et Mounjaro
Combien de temps durent les nausées ?
Un épisode dure en médiane 8 jours (RCP Wegovy). À l’échelle du traitement, la fréquence culmine vers la 20ᵉ semaine puis diminue nettement (données sémaglutide, essais STEP). Environ 10 % des patients ont encore des nausées un jour donné à 68 semaines.
Les effets secondaires finissent-ils par disparaître ?
C’est la formulation des notices elles-mêmes : ils « disparaissent généralement avec le temps » (Wegovy) et « diminuent avec le temps chez la plupart des patients » (Mounjaro). La constipation est la plus lente à céder (47 jours en médiane).
Wegovy ou Mounjaro : lequel donne le plus d’effets secondaires ?
Les profils sont très proches, et les fréquences issues d’essais différents ne se comparent pas directement. Dans la seule étude face à face, les nausées étaient quasi identiques (≈ 44 % des deux côtés) ; voir notre comparatif complet Wegovy ou Mounjaro, lié plus haut.
Peut-on ralentir la montée des doses si ça passe mal ?
Oui : le RCP prévoit de retarder une augmentation ou de revenir au palier précédent jusqu’à amélioration. C’est une décision à prendre avec votre médecin.
Les nausées reviennent-elles après chaque injection ?
Les études ne décrivent pas ce schéma : à dose stable, les concentrations sont lissées d’une semaine sur l’autre. Les périodes sensibles sont les changements de palier, pas chaque injection.
Quand faut-il s’inquiéter ?
Douleur intense et persistante à l’estomac irradiant dans le dos, impossibilité de s’hydrater, signes d’allergie sévère, trouble visuel soudain : consultez immédiatement (verbatims des notices ci-dessus).
Sources : RCP et notice Wegovy et RCP et notice Mounjaro (EMA, consultés le 29 août 2026) · STEP 1, N Engl J Med 2021 (détail : ClinicalTrials.gov NCT03548935) · SURMOUNT-1, N Engl J Med 2022 · Wharton et al., Diabetes Obes Metab 2022 (cinétique des effets digestifs, essais STEP) · rapport d’évaluation EMA Wegovy (pic vers la semaine 20) · NHS Cambridge University Hospitals (conseils pratiques) · ameli.fr (suivi, maj 12 juin 2026) · face à face : SURMOUNT-5, ClinicalTrials.gov NCT05822830. Dernière mise à jour : 29 août 2026. Publié par Doza (INFINI CONSULTING) — application française de suivi GLP-1.