Depuis le 15 juin 2026, le remboursement de Wegovy® et Mounjaro® repose d’abord sur deux seuils d’IMC : 40, ou 35 si une comorbidité liée au poids s’y ajoute. Un point d’IMC ou un diagnostic peuvent donc faire toute la différence. Voici comment calculer votre IMC tel que les textes le retiennent, quelles comorbidités sont citées, et la précision — méconnue — qui protège les patients déjà en cours de traitement.

D’abord : calculer son IMC correctement

L’IMC (indice de masse corporelle) se calcule en divisant le poids par la taille au carré :

IMC = poids (kg) ÷ taille² (m²)

Exemple : 105 kg pour 1,70 m → 105 ÷ (1,70 × 1,70) = 36,3. Les seuils de l’Organisation mondiale de la santé : surpoids à partir de 25, obésité à partir de 30, obésité sévère à partir de 35, obésité massive à partir de 40. L’IMC est un indicateur de population, imparfait à l’échelle individuelle (il ne distingue pas muscle et masse grasse) — mais c’est lui que les textes de remboursement utilisent.

Les deux portes d’entrée du remboursement

Les arrêtés du 10 juin 2026 ouvrent la prise en charge aux adultes, en complément d’un régime hypocalorique et d’une activité physique accrue, dans deux situations :

  1. IMC initial ≥ 40, après échec d’une prise en charge nutritionnelle bien conduite — aucune comorbidité exigée ;
  2. IMC initial ≥ 35 avec au moins une comorbidité liée au poids.

Dans les deux cas s’ajoute la condition la plus souvent découverte trop tard : au moins 6 mois de parcours nutritionnel documenté avec une perte restée inférieure à 5 %. L’ensemble du parcours (prescripteurs habilités, formulaire, évaluation) est détaillé dans notre guide complet du remboursement.

Quelles comorbidités comptent ?

La liste des arrêtés est fermée : quatorze situations liées au poids, et seulement celles-là, ouvrent la porte des 35-40 d’IMC — la plupart après avis du spécialiste concerné :

  • diabète de type 2 ;
  • hypertension artérielle sous traitement ;
  • hypertriglycéridémie sévère résistante au traitement ;
  • NASH ou fibrose du foie (avec l’accord de l’hépatologue) ;
  • syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) ;
  • problème de fertilité avec projet d’AMP ;
  • maladie rénale chronique (avis du néphrologue) ;
  • apnée obstructive du sommeil (SAHOS, IAH ≥ 15/h) ;
  • asthme sévère lié à l’obésité (avis spécialisé) ;
  • lombalgies, coxarthrose ou gonarthrose invalidantes (avis spécialisé) ;
  • incontinence urinaire invalidante réfractaire ;
  • hernie ou éventration nécessitant une perte de poids avant chirurgie ;
  • hypertension intracrânienne idiopathique résistante ;
  • handicap moteur (avis MPR ou neurologue).

À l’inverse, une dyslipidémie « simple » (cholestérol) ou une maladie cardiovasculaire ne figurent pas dans cette liste : en dehors de ces quatorze situations, c’est l’IMC seul qui doit atteindre 40.

Deux points à connaître : ces diagnostics doivent être documentés (comptes rendus, bilans, ordonnances en cours), et c’est votre médecin qui qualifie la comorbidité — pas une auto-évaluation. Une hypertension traitée ou une apnée appareillée restent en principe des comorbidités : « contrôlée » ne veut pas dire « disparue ».

Pour croiser votre IMC et ces comorbidités avec l’ensemble des conditions (parcours nutritionnel compris), notre simulateur d’éligibilité fait le tour en une minute, sans envoyer aucune donnée.

La précision qui change tout : l’IMC initial

Les textes le disent noir sur blanc : l’IMC retenu est celui du début du traitement — y compris pour les patients qui ont commencé avant l’entrée en vigueur du remboursement. Autrement dit, si vous êtes passé de 37 (avec une comorbidité) à 33 d’IMC grâce au traitement, vous restez éligible : perdre du poids ne fait pas perdre le remboursement. D’où l’importance d’avoir une trace fiable de votre poids de départ et de votre progression.

Le suivi de poids de Doza sur iPhone : courbe, IMC et pourcentage de perte

L’app Doza garde tout cela à jour pour vous : poids initial, courbe, IMC (avec sa méthode de calcul et les seuils OMS consultables d’un tap) et pourcentage de perte — les données clés du dossier, sur votre iPhone, prêtes à être montrées en consultation.

Si vous êtes sous les seuils

En dessous des seuils — IMC de 35 à 40 sans comorbidité, de 30 à 35 avec ou sans comorbidité, ou de 27 à 30 avec comorbidité — l’AMM des traitements peut couvrir votre situation, mais le remboursement, non. La prescription reste possible hors prise en charge (prix libre — à titre indicatif, les prix publiés vont de 146,91 à 433,80 € par mois), et les mesures nutritionnelles encadrées restent la première étape — celle que les textes exigent de toute façon avant tout remboursement.

FAQ — IMC et comorbidités

Quel IMC faut-il pour être remboursé ?

Un IMC initial d’au moins 40, ou d’au moins 35 accompagné d’une comorbidité liée au poids (diabète de type 2, hypertension, apnée du sommeil…). S’y ajoutent 6 mois de parcours nutritionnel documenté et une primo-prescription spécialisée.

J’ai un IMC de 36 et de l’hypertension : suis-je éligible ?

Sur les critères d’IMC et de comorbidité, oui. Restent les autres conditions : les 6 mois de prise en charge nutritionnelle avec perte inférieure à 5 %, et la première prescription par un médecin habilité en structure spécialisée.

Mon IMC est passé sous 35 grâce au traitement, vais-je perdre le remboursement ?

Non : les textes retiennent l’IMC du début du traitement. La poursuite de la prise en charge dépend en revanche de l’évaluation prévue vers 4-6 mois (au moins 5 % de perte par rapport au poids initial). Attention à ne pas confondre les deux « 5 % » : avant le traitement, il faut avoir perdu moins de 5 % malgré le parcours nutritionnel ; pendant, il faut en perdre au moins 5 % pour poursuivre.

L’apnée du sommeil compte-t-elle comme comorbidité ?

Oui, le SAHOS fait partie des comorbidités liées au poids citées — appareillage ou non. Le diagnostic doit être documenté (polygraphie ou polysomnographie).

Un IMC de 34,8 peut-il être « arrondi » à 35 ?

Non. Les seuils sont des seuils : c’est l’IMC mesuré et consigné par le médecin au début du traitement qui fait foi — ni le vôtre, ni un arrondi. En cas de valeur limite, parlez-en avec lui : il peut vérifier la mesure, dater précisément le début du traitement ou rechercher une comorbidité qui change la donne.

Sources : arrêtés du 10 juin 2026, Journal officiel du 12 juin 2026 · Classification de l’obésité — OMS · ameli.fr. Article d’information générale : l’éligibilité réelle relève de votre médecin, seul à même d’évaluer votre dossier.